Swimmable Cities Panel
Événement

De Bakou avec de l’eau : réflexions du 13e Forum urbain mondial

27-05-2026

Lors du Forum urbain mondial à Bakou, World Waternet a mis en avant le rôle crucial de l’eau dans la construction de villes résilientes et inclusives. Grâce à la participation au panel Swimmable Cities, à un atelier interactif sur la résilience de l’eau, et à l’événement Splash en mer Caspienne, nous avons démontré comment l’eau peut inspirer l’action, la connexion et la transformation urbaine à long terme.

Notre principal enseignement : renforcer les cycles de l’eau urbains est une nécessité technique ainsi qu’un impératif social et culturel. Du dialogue de haut niveau à l’engagement créatif et l’expérience concrète, le Forum a réaffirmé que reconnecter les gens à l’eau est essentiel pour construire des villes durables dans le monde entier.

Mettre en place le décor : un forum pour les futurs urbains

Le Forum urbain mondial a réuni des leaders mondiaux, des praticiens et des communautés pour aborder l’avenir des villes. Représentant World Waternet, Loay Alatrash et Pepijn van Loon se sont lancés avec un objectif clair : veiller à ce que l’eau reste centrale dans les discussions sur la résilience urbaine.

L’eau est souvent invisible dans l’urbanisme, cachée sous terre ou traitée comme un domaine purement technique. Pourtant, chaque ville dépend d’un cycle de l’eau fonctionnel. Sans elle, des défis tels que le changement climatique, la santé publique et les inégalités deviennent plus difficiles à relever. À Bakou, nous avons œuvré pour rendre l’eau visible à nouveau, tant dans les discussions politiques que dans l’imagination des gens.

Villes nagables : une vision qui relie

L’un des moments clés du Forum a été la session Swimmable Cities, où World Waternet a contribué à un panel diversifié comprenant des représentants de gouvernements, d’entreprises d’électricité et d’organisations internationales.
L’idée derrière les villes naignables est simple mais puissante : si une rivière est suffisamment propre pour y nager, elle signale qu’une ville gère bien son eau. La qualité de l’eau, le traitement des eaux usées, la santé des écosystèmes et l’espace public se réunissent tous dans cet objectif unique et tangible.


Au cours de la discussion, Pepijn van Loon a souligné que la nageabilité offre « un point à l’horizon », une vision partagée que les gens peuvent comprendre et autour de laquelle les gens peuvent se rassembler. Contrairement aux objectifs politiques abstraits, la possibilité d’entrer et de profiter de l’eau en toute sécurité résonne entre cultures, niveaux de revenus et parcours professionnels.


Le panel a également souligné que parvenir à des eaux navigables nécessite plus que de simples infrastructures. Une gouvernance solide, la collaboration entre secteurs et l’engagement communautaire sont essentiels. Dans de nombreuses villes, les rivières sont encore fortement polluées ou déconnectées de la vie quotidienne. Les restaurer signifie s’attaquer à des problèmes systémiques, de la gestion des eaux usées à l’urbanisme et à l’inclusion sociale.


Il est important de noter que la conversation a montré que la capacité à nager n’est pas un luxe. Dans de nombreuses régions du monde, les rivières sont déjà profondément ancrées dans la vie quotidienne, servant de sources de subsistance, de culture et d’identité. Les rendre sûrs et accessibles est donc à la fois une priorité environnementale et sociale.

Imaginer des villes résilientes à l’eau : du concept à la créativité

Bien que le panel ait proposé une vision stratégique, le cœur de notre contribution au Forum était notre atelier interactif : « Imaginez votre ville résiliente à l’eau. »
Organisée dans l’aire de jeux de l’ONU-Habitat, la session a réuni plus de 50 participants issus de milieux divers. Ce qui la rendait unique, c’était son approche : au lieu de se concentrer sur des présentations techniques, nous avons invité les participants à s’engager activement dans leur propre cycle de l’eau et à le traduire en une vision d’avenir.


À travers le dessin et des exercices créatifs, les participants ont exploré comment l’eau circule à travers leurs villes, de la source au robinet, de l’utilisation à la réutilisation, puis revient dans l’environnement. Ils étaient encouragés à réfléchir à des questions telles que :

  • Comment les villes peuvent-elles mieux intégrer l’eau dans les espaces publics ?
  • À quoi ressemblerait une ville résiliente au climat ?
  • Comment l’eau peut-elle connecter les communautés plutôt que de les diviser ?

Les résultats étaient aussi variés que les participants eux-mêmes. Des dessins colorés et des idées audacieuses ont émergé, illustrant des infrastructures vert-bleu, des quators accessibles, des systèmes d’eau circulaires et des espaces urbains inclusifs.

L’un des aspects les plus inspirants était la forte présence des jeunes participants. Leur ouverture et leur créativité ont souligné une leçon importante : les discussions sur la résilience de l’eau ne doivent pas se limiter aux experts. Ils doivent être inclusifs, engageants et commencer tôt.

L’atelier a démontré que construire des villes résilientes consiste à concevoir des solutions, et aussi à imaginer, participer et assumer l’autonomie. Lorsque les gens comprennent leur cycle de l’eau, ils sont plus susceptibles de le valoriser et de le protéger.

Cela s’inscrit étroitement dans l’approche de World Waternet : relier l’expertise technique au contexte local et à l’engagement communautaire. En rendant l’eau tangible et personnelle, nous pouvons inspirer des actions qui dépassent les cadres politiques.

 

L’événement splash : mettre les mots en action

Le dernier jour du Forum, le message de connexion entre les peuples et l’eau est devenu tangible lors de l’événement SPLASH en mer Caspienne.

Avec plus de 100 participants, nous sommes entrés dans l’eau, transformant le dialogue en expérience. Parmi les présents figuraient Henk Ovink, ancien envoyé spécial pour l’eau des Pays-Bas ; Marianne de Jong, ambassadrice des Pays-Bas ; et Anacláudia Rossbach, directrice exécutive d’ONU-Habitat.

Ce moment a saisi ce qu’était finalement le Forum : rassembler politiques, pratiques et personnes. Se tenir (et nager) aux côtés de dirigeants et praticiens mondiaux a renforcé l’idée que l’eau nous relie tous, quel que soit notre rôle ou notre géographie.

L’événement Splash était plus qu’un symbole. Il incarnait les principes discutés tout au long de la semaine : accessibilité, inclusivité et l’importance d’une eau sûre et propre. Cela a montré que l’eau n’est pas seulement quelque chose à gérer, mais aussi quelque chose à vivre et à partager.

En regardant vers l’avenir

Notre séjour à Bakou a confirmé que la communauté mondiale de l’eau devient plus forte et plus connectée. Nous sommes reconnaissants envers GWOPA de nous avoir réunis avec des partenaires du monde entier et de nous avoir permis de contribuer à un récit commun sur l’eau.

Des discussions stratégiques à l’engagement créatif et l’expérience concrète, le Forum a mis en lumière les nombreuses façons dont nous pouvons reconnecter les villes à leurs cycles de l’eau.

En regardant vers le prochain Forum urbain mondial au Mexique, nous portons un message central :
Le cycle de l’eau doit être au cœur du développement urbain.

En rendant l’eau visible, en engageant les communautés et en travaillant en collaboration, nous pouvons construire des villes à la fois résilientes, saines, inclusives et connectées.