- Accueil
- Inspiration
- Dernières nouvelles
- World Waternet Burkina Faso : construire un pôle régional pour l’Afrique de l’Ouest
World Waternet Burkina Faso : construire un pôle régional pour l’Afrique de l’Ouest
L’eau soutient les moyens de subsistance et les économies en Afrique subsaharienne, mais le changement climatique, la croissance démographique et la demande croissante exercent une forte pression sur les ressources en eau partagées. La région est particulièrement vulnérable aux précipitations erratiques, aux sécheresses et aux inondations.
En réponse, World Waternet renforce ses activités régionales en matière de renforcement des capacités, d’irrigation pluviale, de gouvernance, de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), de fourniture de services d’eau potable et de gestion basée sur les données. En soutien, le bureau du Burkina Faso devient un pôle régional qui relie expertises et partenariats au-delà des frontières pour promouvoir des ressources en eau résilientes au climat, l’amélioration des services d’eau potable et des systèmes d’assainissement renforcés.
L’eau au cœur des moyens de subsistance
Dans les pays à faible revenu, plus de la moitié des emplois dépendent de l’eau. En Afrique subsaharienne, ce chiffre grimpe à 62 %. Lorsque les précipitations diminuent, le produit intérieur brut diminue également, ce qui montre à quel point l’eau est vitale pour la vie, le travail et la croissance. Selon la Banque mondiale, la région fait face à une hausse des températures qui augmentent une fois et demie plus vite que la moyenne mondiale, des précipitations erratiques et une rareté croissante de l’eau. Ces conditions augmentent le risque de conflit et de pauvreté dans toute la région.
Gestion du climat et des pressions de l’eau
L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions les plus vulnérables au climat au monde. Les sécheresses et les inondations menacent les communautés et les moyens de subsistance, tandis que les eaux souterraines sont extraites plus rapidement qu’elles ne sont reconstituées. La disponibilité de l’eau varie grandement d’un pays à l’autre. Le Nigeria dispose de ressources en eau abondantes, tandis que le Burkina Faso fait face à une rareté. Plus de 40 % de l’approvisionnement en eau du Mali et du Tchad, ainsi que 90 % en Mauritanie et au Niger, provient d’au-delà de leurs frontières. Cette dépendance aux systèmes fluviaux transfrontaliers souligne la nécessité d’une coopération régionale renforcée et d’une gestion intégrée des ressources en eau.
La région offre un grand potentiel pour les solutions basées sur la nature (NbS) et une agriculture pluviale améliorée, mais elle nécessite des réservoirs adaptés et des systèmes de collecte qui réduisent la perte d’eau par évapotranspiration.
Stratégies régionales et objectifs partagés
Des pays et organisations de la région travaillent ensemble pour améliorer l’utilisation durable des ressources en eau partagées et renforcer la résilience face aux défis climatiques et hydriques.
- Expansion de l’irrigation : La stratégie d’irrigation du Sahel Dakar +10 vise à augmenter les terres irriguées afin de renforcer la sécurité alimentaire et la croissance économique tout en réduisant la dépendance à l’agriculture pluviale.
- Amélioration de la gouvernance de l’eau : Les politiques régionales et nationales visent à améliorer la coopération transfrontalière et à autonomiser les communautés locales pour gérer efficacement leurs ressources en eau.
- Amélioration des données et des connaissances : Une meilleure collecte et analyse des données est nécessaire pour mieux comprendre le potentiel des eaux souterraines, surveiller les risques climatiques et éclairer la prise de décision.
- Renforcer la résilience et la reprise : Les programmes régionaux se concentrent sur la préparation aux chocs climatiques et l’aide des communautés à se rétablir en s’attaquant aux risques sous-jacents qui freinent le développement durable.
- Lutter contre les conflits climatiques : En améliorant la gestion des ressources naturelles, les stratégies régionales cherchent à réduire les tensions liées à la terre et à l’eau, aggravées par le changement climatique.
Le rôle régional croissant de World Waternet
S’appuyant sur des besoins profonds et un élan régional, World Waternet entre dans une nouvelle phase de croissance et de collaboration en Afrique de l’Ouest. Fort de ses solides partenariats au Burkina Faso, le bureau de l’organisation à Ouagadougou évolue vers un pôle régional. Ce pôle coordonnera et étendra les activités et partenariats de World Waternet à travers la sous-région.
Cette évolution reflète l’ambition de World Waternet de renforcer la coopération entre les pays et les cycles partagés de l’eau. Elle favorise l’apprentissage partagé et soutient la gestion intégrée des ressources en eau, la prestation de services d’eau potable et les solutions basées sur la nature à l’échelle régionale. World Waternet mène actuellement des projets actifs au Mali, au Burkina Faso et au Ghana, avec de nouvelles initiatives en cours de développement en Guinée et au Bénin.
Le renforcement de la collaboration régionale commence avec de jeunes experts
Dans le cadre de cet effort régional, World Waternet a accueilli deux jeunes experts de l’eau du Blue Deal, YEP Judith Amli de Blue Deal Ghana et Paul Terry de Blue Deal Burkina Faso, dans son bureau de Ouagadougou. Le programme Blue Deal vise à améliorer la gouvernance et la durabilité de l’eau grâce à la collaboration internationale. Nos partenariats démontrent comment de jeunes experts peuvent être habilités à accéder à des postes de management en collaboration avec nos partenaires WOP. Ces deux jeunes experts illustrent la synergie croissante entre les équipes de World Waternet dans la région et leur engagement commun à renforcer les échanges professionnels et la coopération au-delà des frontières.
Engagement avec le secteur sanitaire via SITAHO
World Waternet a également joué un rôle actif dans SITAHO, le Salon International des Toilettes, de l’Assainissement et de l’Hygiène de Ouagadougou, un événement régional de premier plan qui promeut l’innovation et l’investissement dans l’assainissement et l’hygiène. La directrice du partenariat pour l’Afrique de l’Ouest, Janette Worm, et le coordinateur du projet, Cyrille Kafando de World Waternet Burkina Faso, étaient présentes, réaffirmant l’engagement de l’organisation dans ce secteur.
Les tables rondes ont permis d'identifier les réformes nécessaires pour porter l'accès à l'assainissement de base de 28 % à 60 % d'ici 2030 et ont souligné la nécessité d'une restructuration institutionnelle, d'une gouvernance axée sur les résultats et de modèles de financement innovants. Par ailleurs, la création d'un fonds national pour la résilience du secteur de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène (EAH) a été proposée, ainsi que le recours accru aux solutions fondées sur la nature. Les feuilles de route régionales sont axées sur les infrastructures, le financement et la gouvernance.
Le ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Assainissement (MEEA) s'est engagé à intégrer les recommandations dans la politique nationale, notamment par l'élaboration de feuilles de route régionales (2026-2030) axées sur les infrastructures, le financement et la gouvernance, assorties d'un cadre d'indicateurs de performance harmonisé pour les acteurs de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et du secteur EAH.
Enfani Sabi, Cheick Zoure et Kevin Dipama, membres de l’équipe locale, ont siégé au comité d’organisation de SITAHO, démontrant leur leadership et leur engagement à promouvoir une salubrité durable et inclusive. Lors de l’événement, World Waternet a reçu un prix reconnaissant son soutien continu à SITAHO et sa contribution à la promotion de solutions sanitaires innovantes, inclusives et sensibles au genre au Burkina Faso.
Lancement du Centre Africain de l’eau
Dans l’esprit de promotion de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest, un protocole d’accord entre le Groupe de la Banque mondiale, le gouvernement du Burkina Faso et l’Institut international de l’eau et de l’ingénierie environnementale, 2iE, a été signé pour établir le Centre africain de l’eau. Hébergé au 2iE à Ouagadougou, le centre servira de pôle régional pour l’innovation, le partenariat, l’échange de connaissances et le renforcement des capacités dans le secteur de l’eau.
Construire un pôle régional pour la résilience partagée de l’eau
Une chose semble claire : le Burkina Faso prend davantage en responsabilité le développement et la collaboration à long terme. La reconnaissance à SITAHO et la collaboration régionale croissante confirment l’ambition de World Waternet de transformer le bureau du Burkina Faso en un véritable pôle régional, où l’expertise, l’innovation et le changement positif peuvent faire progresser la gestion de l’eau et de l’assainissement à travers l’Afrique de l’Ouest.
Accept cookies to play video